Le medium EST le message
Je déteste l’expression « signaux contradictoires ». Notamment cette fameuse phrase, « Je sais pas mec, elle m’envoie des messages contradictoires », bien connue des hommes qui évoluent encore dans la Matrice.
La vérité, c’est que dans la grande majorité des cas, il n’y a rien de contradictoire dans ce qui est communiqué. Ce que l’on observe en réalité, c’est plutôt une incapacité à lire entre les lignes ce que la femme cherche à transmettre. L’homme moyen comprend très bien ce que la femme dit à travers ses mots. Ce qu’il ne saisit pas, c’est ce qu’elle cherche à dire par son comportement. Décoder cette forme de communication exige de l’entraînement, de l’observation, puis une bonne dose de discipline intérieure pour intégrer ce que l’on perçoit à son interprétation.
Par exemple, lorsqu’une femme passe sans cesse du chaud au froid et inversement, c’est ça le message. Il n’y a rien de plus à décoder derrière ce comportement. Il n’y a pas de « oui, mais si ». Le message est le va-et-vient en lui-même. Ce chaud-froid peut signifier qu’elle a des remords, que vous n’êtes pas sa priorité numéro un, que son hypergamie la pousse à attendre un meilleur prétendant, ou bien simplement que vous étiez plus séduisant avec trois verres dans le nez.
Vous en êtes au dizième rendez-vous et vous n’avez toujours pas couché ensemble ?
C’est le message.
Elle vous pose un lapin ? Elle semble peu investie, ou uniquement par intervalles ? Elle met du temps à répondre à vos SMS ?
C’est le message.
Une femme réellement intéressée ne vous laisse pas dans la confusion. Une femme qui veut coucher avec vous trouvera un moyen de le faire. Si vous la sentez hésitante, il est temps de la mettre de côté et de faire tourner d’autres assiettes. Si elle revient d’elle-même, tant mieux ; mais que ce soit le cas ou non, ce qui importe vraiment est que vous ayez réussi à garder le contrôle du cadre de la relation. Votre attention conserve sa valeur. À l’instant même où vous commencez à chercher la formule magique qui « la fera revenir », vous sortez de votre propre cadre et entrez dans le sien. Elle n’a plus besoin de vous, c’est vous qui avez besoin d’elle. Vous acceptez par votre comportement que c’est elle qui pose les règles de votre relation.
Ce que la majorité des hommes perçoivent comme des « signaux contradictoires » ou un comportement confus, c’est en réalité leur propre refus d’interpréter objectivement le comportement féminin. Souvent, on est simplement en face d’un homme trop investi ou trop attaché, qui préfère chercher des excuses à ce qu’il observe plutôt que de l’accepter. Il est plus facile de crier à la confusion, d’accuser les femmes d’être instables et imprévisibles, que de reconnaître qu’on est en train de s’accrocher désespérément à la seule opportunité féminine qu’on a sous la main. Une femme qui a un haut niveau d’intérêt (IL) pour un homme n’a aucun intérêt à saboter son propre statut auprès de lui. Elle ne joue pas avec ça. Et quand elle le fait, c’est généralement pour tester sa solidité (les fameux shit tests), et c’est bien plus lisible lorsqu’on comprend le contexte dans lequel le test est envoyé.
La plupart du temps, les femmes disent la vérité. Intégralement. Mais elles la disent à travers leur comportement, pas avec leurs mots. Et ce comportement, les hommes refusent bien souvent de le comprendre. En raison sûrement de mes études en psychologie comportementale, je défends que la seule manière de déterminer un motif ou une intention, c’est d’observer l’action réelle et les résultats qui en découlent. Il suffit ensuite de comparer les actions aux conséquences pour saisir l’intention sous-jacente.
Une femme révèle en permanence des montagnes d’informations, à condition qu’on accepte de considérer ses actes comme une source légitime de vérité. Le problème, c’est que ce que son comportement révèle n’est souvent pas ce qu’un homme veut entendre.
Les hommes se frustrent parce que les femmes ne communiquent pas comme eux.
Les femmes communiquent de façon couverte, furtive, en sous-texte.
Les hommes, de façon ouverte.
Les hommes transmettent de l’information.
Les femmes transmettent un contexte, une émotion.
Quand un homme parle, il priorise le contenu. Quand une femme parle, elle priorise le cadre. Le féminisme a popularisé cette idée absurde que les femmes sont aussi rationnelles que les hommes, qu’elles sont portées vers la résolution analytique des problèmes, qu’elles « disent ce qu’elles pensent et pensent ce qu’elles disent ». C’est un mythe. Ce n’est pas qu’elles sont incapables de résoudre un problème rationnellement, c’est qu’elles le font en utilisant un mode de communication spécifiquement féminin.
Des dizaines d’études ont démontré la capacité supérieure des femmes à percevoir et émettre des signaux sociaux complexes, et que cette capacité est ancrée jusque dans l’architecture neurologique même de leur cerveau. Et pourtant, en parallèle, il est exigé des hommes de croire que « si elle l’a dit, c’est que c’est vrai ».
Certaines femmes brandissent cette caractéristique comme une preuve de supériorité. Ce n’est pas une preuve de supériorité. C’est une preuve de compétence dans un autre mode de communication. Rien de plus. Une illustration simple : dans les fictions modernes, comment reconnaît-on une femme “forte” ? Réponse : elle s’exprime comme un homme. De façon directe, structurée, centrée sur l’information.
Il n’y a pas besoin d’être mentaliste pour comprendre la communication féminine, il faut juste être observateur. Et cette observation demande une patience dont la majorité des hommes sont dépourvus. Résultat : les femmes passent pour irrationnelles, instables ou sournoises, alors qu’elles sont simplement câblées différemment. Et même ceux qui parviennent à percevoir ces subtilités les jugent inefficaces ou illogiques. Pourquoi ? Parce qu’ils les considèrent du point de vue de leurs cerveaux d’hommes.
La communication masculine est orientée vers la résolution du problème : directe, logique, structurée.
La communication féminine est orientée vers la communication elle-même.
Dit autrement, les femmes aiment parler, non pas pour transmettre une information, mais pour le plaisir de communiquer. C’est ce qu’on observe également chez les enfants. Elles disent une chose, et font l’inverse. Elles s’énervent, crient, pleurent, et finissent par obtenir ce qu’elles voulaient : de l’attention. Les femmes sont folles, mais c’est une folie calculée et maîtrisée.
La communication masculine ennuie les femmes. Elle est trop abrupte, trop simple. Elle ne stimule ni l’émotion, ni l’intuition, ni l’imagination. C’est pour cela qu’on les laisse perplexes, de la même manière que la communication féminine paraît illogique aux hommes. Mais cette frustration a un but. Tant que les hommes croient les femmes inaccessibles, insondables, et irrationnelles, elles restent en contrôle. « Tu ne comprendras jamais les femmes, abandonne. » Voilà le véritable objectif de la manœuvre. Une fois cette idée intégrée par la gente masculine, la femme gagne un droit inaliénable à l’impunité. Toute la « mystique féminine » repose sur ce mode de communication.
Les hommes réagissent avec indignation : « Manipulatrice ! Hypocrite ! Tu dis une chose, puis tu fais l’inverse ! Assume ! », mais cela ne fonctionne pas. Parce que les femmes savent que leur sexualité est leur première et leur plus précieuse monnaie d’échange, et que la communication en sous-texte est leur meilleure méthode pour l’exploiter.
Lorsqu’un homme tente de raisonner une femme et d’en appeler à son sens moral, il suffit à cette femme d’acquiescer à l’analyse directe de l’homme pour lui donner l’illusion qu’il a « percé sa carapace », qu’il est en train de la faire changer.
En tant qu’hommes, nous avons été tellement conditionnés par la « Mystique Féminine » à attendre une forme de duplicité de la part des femmes, que lorsque l’une d’elles adopte soudainement un mode de communication masculin — direct, clair, explicite — et valide notre point de vue, il nous semble qu’elle a eu une révélation. Un moment de lucidité. On se dit : « Celle-là est différente. Elle a compris. C’est une femme de qualité. »
Mais seulement tant que cela sert ses intérêts. Dès que ce n’est plus le cas, la Mystique féminine revient au galop pour justifier, recadrer, réinterpréter.
Avez-vous déjà été dans cette situation étrange où vous accompagnez une femme que vous fréquentez à une soirée ou un évènement social quelconque, lorsqu’elle se penche soudainement et vous murmure à voix basse : « T’as vu le regard que cette salope là-bas vient de me lancer ?! »
Vous étiez juste à côté d’elle, vous avez vu la fille en question… et pourtant, vous n’avez rien remarqué. Absolument rien.
Cette scène anodine illustre pourtant une vérité fondamentale : la préférence instinctive des femmes pour une communication indirecte est profondément ancrée en elles, et se manifeste très tôt dans le développement, en général dès l’âge de cinq ans. Là où les petits garçons règlent leurs conflits par la bagarre, le combat physique, les petites filles privilégient le combat psychologique.
Dans leur groupes d’amies, les filles s’affrontent par la menace d’exclusion ; « Je ne serai plus ton amie si… » est une sanction aussi sérieuse, pour elles, que « Je vais t’en coller une » peut l’être pour un garçon. Ce mode de domination gagne en complexité à l’adolescence, puis à l’âge adulte, mais reste fondamentalement le même. La femme a à sa disposition toute une armurerie pour arriver à ses fins : sous-entendus, langage corporel, apparence, allusions, gestes, tout ce que la communication masculine considère comme secondaire ou accessoire. Et pourtant, ce sous-texte véhicule souvent plus d’informations que tous nos discours explicites réunis.
Tout cela peut paraître inefficace, confus, désordonné aux yeux d’un homme. Mais ce serait oublier que l’objectif n’est pas le même. Là où l’homme cherche à transmettre un contenu, la femme valorise l’échange lui-même.
La communication est, pour elle, une finalité en soi.
Lorsqu’un homme naïf déballe dès la première rencontre toutes ses pensées, ses émotions, ou ses intentions, on se dit que la cause de son échec est qu’il a tué le mystère, qu’il n’y a plus de jeu, plus de tension, plus rien à découvrir. Et c’est vrai. Mais la cause profonde de cette chute d’intérêt chez la femme assise en face, ce n’est pas tant l’absence de défi que la disparition du besoin de communiquer. Il n’y a plus rien à deviner, plus rien à reconstruire. Plus de place pour l’imagination.
Trop d’hommes croient encore à ce vieux mensonge : « Une bonne communication est la clé d’une relation saine. » Ils s’empressent de leur donner toutes les informations en vrac en espérant que leur compagne les en remerciera. Ils ne se rendent pas compte qu’en agissant ainsi, ils la privent du plaisir d’extraire elle-même ces informations, petit à petit, au fil des interactions.
Rien n’est plus gratifiant, pour une femme, que de croire qu’elle a « percé à jour » un homme grâce à sa fameuse intuition féminine. Une intuition qui n’est, en réalité, que le nom flatteur donné à sa propre méthode de décodage.
Il faut enfin ajouter ceci : les femmes savent utiliser la communication directe, et n’hésitent pas à l’utiliser lorsqu’elles y sont contraintes. Lorsqu’une femme exprime quelque chose sans la moindre ambiguïté, c’est souvent qu’elle a été poussée à bout. Soit par peur, soit par exaspération, en tout cas elle a atteint le point où ses stratégies indirectes ne fonctionnent plus.
Un « On peut rester amis ? » est un rejet indirect.
Un « Fous-moi la paix, sale type ! » est un rejet direct.
Quand une femme choisit la voie directe, on peut être sûr d’une chose : elle a épuisé tout son arsenal de communication féminine, et se voit obligée de piocher dans celui des hommes. C’est le moment où elle passe en mode directe. Pleurs, cris, ultimatums — tous ces comportements signalent une perte de contrôle sur son propre registre, et la nécessité de « changer de langue » pour arriver à ses fins.
Cela dit, les hommes aussi peuvent maîtriser l’art de la communication indirecte. Les meilleurs orateurs, les stratèges politiques, les chefs militaires, les grands négociateurs, tous utilisent le langage implicite pour atteindre leurs objectifs. Les séducteurs les plus aguerris en font aussi leur terrain de jeu.
Il serait donc erroné de considérer la communication indirecte comme fondamentalement malhonnête ou amorale. Elle n’est ni morale, ni immorale. C’est un outil, au même titre que la communication directe. Et c’est l’objectif poursuivi — indifféremment du fait d’être un homme ou une femme — qui lui confère sa valeur morale.
Le médium est le message.