Loi de Fer n°1 - Cadre
Loi de Fer n°1
Le cadre est tout. Ayez conscience en chaque instant de l’équilibre subconscient dans lequel vous évoluez : dans quel cadre êtes-vous en train d’opérer ? Le vôtre, ou le sien ? Cherchez toujours à garder le contrôle du cadre, sans jamais donner l’impression de le faire.
Le concept de « cadre » (frame) fait partie de ces notions un peu brumeuses qui avaient désespérément besoin d’un nom, à l’époque où les premières pierres de l’éveil masculin ont été posées sur les forums de la communauté. Si ma mémoire est bonne, c’est Mystery, un des premiers coachs en séduction à gagner en visibilité dans la sphère grand public, qui a popularisé son utilisation et lui a donné sa signification actuelle. En réalité, ce terme un peu intimidant désigne un principe psychologique assez basique et bien connu. Dans le vocabulaire de la psychologie, le cadre est une sorte de récit personnel, souvent inconscient, reconnu mutuellement, à travers lequel les individus s’influencent et se laissent influencer. Notre capacité à prendre des décisions, à faire des choix bénéfiques ou non, à nous investir émotionnellement, à croire en une religion ou à adopter telle orientation politique (entre autres) est toujours influencée — voire biaisée — par la grille narrative que nous considérons comme normale.
Le concept de cadre a un impact dans presque tous les aspects de la vie quotidienne, certains très visibles, d’autres moins. Mais qu’on en ait conscience ou non, on y est tous soumis. Ce qui nous intéresse ici, ce sont les relations homme-femme, et la manière dont le cadre structure l’environnement, l’ambiance, la « réalité » dans laquelle s’inscrivent nos interactions — autant avec la fille qu’on tente d’aborder au bar qu’avec celle qui partage notre vie depuis vingt ans.
Avant d’aller plus loin, il est essentiel de comprendre une chose : il ne faut pas confondre cadre et pouvoir. Le fait de contrôler le cadre peut être une démonstration de pouvoir, mais à la base, le cadre détermine la réalité même depuis laquelle on opère. Le cadre est influencé, chez les deux sexes, par l’éducation, la culture, le conditionnement psychologique, les normes sociales, les expériences personnelles, etc. Mais soyons clairs : on opère soit dans son propre cadre, soit dans celui de l’autre. Et cet équilibre change souvent. Le cadre est fluide. Avec la volonté nécessaire, on peut le maintenir ou le faire basculer. Peu importent les causes de cette variation : ce qui compte, c’est qu’il peut changer.
Le cadre chez le célibataire
Sur les forums, on voit souvent des posts désespérés qui se résument à « J’ai perdu le cadre, comment le récupérer ? » Beaucoup d’hommes croient que parce qu’une femme leur a montré des signes d’intérêt (IOI, Indicators of Interest) ou semblait très motivée à les séduire au début, cela signifie qu’ils étaient en possession du cadre de la relation. C’est une idée fausse, et la culture PUA n’a rien fait pour aider à la décrédibiliser. Le cadre ne se résume pas au niveau d’intérêt. Le fait qu’une femme soit attirée par vous ne veut pas dire qu’elle est prête à entrer dans votre réalité. Elle peut y entrer en conséquence de cette attirance, mais ce n’est jamais automatique. Dans le climat social actuel, il faut même plutôt s’attendre à ce qu’une femme résiste de toutes ses forces à l’idée d’entrer dans le cadre d’un homme. C’est pour cela qu’elles ont développé, de façon inconsciente, le réflexe de lancer des shit tests : pour vérifier la solidité du cadre qu’on leur propose.
La majorité des incohérences en matière de séduction viennent de l’incapacité des hommes à poser leur cadre et de leur tendance à adopter celui de la femme. Ce qui est ironique, c’est qu’on perçoit ces déséquilibres de façon instinctive. Si vous avez l’impression qu’une femme vous balade, qu’elle vous fait attendre pour du sexe, c’est que vous opérez dans son cadre. Vous êtes dans la friendzone ? Vous êtes dans son cadre.
L’idéal, et l’objectif, c’est qu’une femme accepter d’entrer dans votre réalité. Son désir authentique (non négocié) pour vous dépend directement du fait que vous arriviez, sans qu’elle ne s’en rende compte, à imposer votre réalité comme la sienne. Les hommes célèbres, riches, entourés, ont très peu de mal à imposer leur cadre — ils le font sans même y penser. Les femmes ont naturellement envie de faire partie de leur monde. Elles s’associent facilement à un homme qui représente à leurs yeux une valeur sûre, et qui, en plus de leur permettre de réaliser un fantasme, les valorise personnellement en les choisissant parmi toutes les autres.
Malheureusement, vous et moi ne sommes pas cet homme. Il n’existe que dans l’idéal féminin. Il est cependant important de retenir que l’hypergamie féminine joue un rôle central dans l’établissement du cadre. L’homme qui embrasse avec suffisamment de détachement la nature hypergame des femmes aura beaucoup plus de facilité à poser son cadre dès le début. Même si la plupart des hommes ne feront sans doute jamais partie de ces leaders naturels qui imposent spontanément leur réalité à tous ceux qui les écoutent, il est tout de même possible de s’en approcher, à son échelle, selon ses dispositions personnelles et celles des femmes que l’on fréquente. La tendance masculine à mettre les femmes sur un piédestal vient directement de cette croyance implicite que le seul cadre qui existe est celui des femmes. Beaucoup d’hommes lambdas ont du mal à comprendre qu’ils ont non seulement le droit, mais surtout le devoir d’imposer leur cadre pour construire une relation saine. Et c’est normal qu’ils aient du mal à saisir ce concept, vu que toute leur socialisation, que ce soit via les médias ou le modèle que leur Bêta de père leur a maladroitement transmis, leur a appris que la réalité féminine était la norme.
La première étape pour construire un cadre masculin sain est de se débarrasser de l’idée que les femmes contrôlent forcément le cadre. Elles ne le contrôlent pas. Et, en vérité, elles ne veulent pas le contrôler.
Le cadre dans une relation
Dans la majorité des mariages ou des relations longues contemporaines, la femme finit par être l’autorité par défaut. Les hommes demandent à leur femme la « permission » pour faire des choses banales qu’ils pratiquaient sans y penser en étant célibataires. J’ai des amis mariés qui se disent « chanceux » d’avoir une femme assez compréhensive pour leur « permettre » de regarder le hockey dans la chambre d’amis… de temps en temps.
Ces anecdotes sont révélatrices d’hommes qui sont entrés dans le mariage avec un cadre déjà contrôlé par leur compagne. Ils vivent dans sa réalité à elle. Ce que ces hommes n’ont pas compris, c’est que le cadre, comme le pouvoir, ne supporte pas le vide. Quand une femme ne trouve pas chez son compagnon la sécurité que devrait lui offrir un cadre masculin, elle est forcée de se la fournir elle-même. Et c’est ainsi qu’on en arrive à l’archétype de l’homme soumis et cocu que l’on dépeint couramment dans les cultures occidentales. La femme paie les factures, prend les décisions, autorise les actions du mari et distribue les sanctions. Parce qu’elle est en quête d’un cadre que l’homme, par faiblesse ou par lâcheté, ne lui fournit pas.
Il est vital, pour la santé d’une relation longue, qu’un homme établisse son cadre avant tout engagement officiel. Comme je l’ai dit plus haut, le cadre est fluide, et les conditions peuvent faire pencher la balance d’un côté ou de l’autre, mais la ligne directrice de la relation doit provenir de vous. Même les femmes les plus indépendantes, influentes, carriéristes, rêvent secrètement qu’un homme prenne les rênes du cadre. Elles s’y opposent parfois violemment, mais au fond, c’est ce qui leur permet de trouver l’équilibre qu’elles recherchent. On voit émerger un discours récurrent chez les femmes de quarante ou cinquante ans, qui commencent à regretter amèrement d’avoir refusé tout compromis plus jeunes. Et malgré toutes les rationalisations qu’elles arrivent à trouver, la seule chose qu’elles refusent encore d’admettre, c’est qu’un cadre masculin — celui que leur « farouche indépendance » ne tolérait pas — était exactement ce dont leur ego avait besoin.
Messieurs, dans toute relation monogame, vous établissez le cadre. Ou bien vous entrez dans sa réalité, ou bien elle entre dans la vôtre.