Loi de Fer n°4 - Emménager ensemble

Loi de Fer n°4 - Emménager ensemble
Retrouvez le texte original, « Shacking Up », en cliquant ici

Loi de Fer n°4

N’emménagez JAMAIS avec une femme avec laquelle vous n’êtes pas marié ou que vous ne prévoyez pas d’épouser dans les six mois.

Emménager avec une femme vous retire pratiquement toute votre capacité de manoeuvrer. N’achetez JAMAIS une maison avec votre copine. Ne signez JAMAIS de bail, même si vous êtes sûrs de vos sentiments. N’acceptez JAMAIS d’emménager chez elle, et surtout, ne faites JAMAIS emménager une femme chez vous. Je suis farouchement opposé à la dynamique du « concubinage », c’est un piège dans lequel beaucoup trop d’hommes tombent volontairement. Je rejette cette idée non pour une question de morale, mais par pur pragmatisme.

Pieds et poings liés

Si vous partagez votre quotidien avec une femme, c’est comme si vous étiez déjà marié avec elle, car toutes les responsabilités et obligations du mariage s’appliquent dès lors. Vous perdez instantanément tout droit à l’anonymat, et vous vous engagez, légalement, à assumer la continuité du logement, qu’importe comment votre relation évolue ou se détériore.

Je dois aussi souligner qu’à partir du moment où vous vous engagez (je parle ici d’un engagement matériel) à habiter sous le même toit qu’une petite amie, vous allez remarquer une chute notable de sa disponibilité sexuelle et de son désir. Toute l’anxiété compétitive et la tension sexuelle qui rendaient votre vie intime aussi intense quand vous étiez célibataires se réduisent comme peau de chagrin. Votre partenaire se détend, rassurée sur le fait qu’elle est désormais votre seule source d’intimité sexuelle.

Signer un bail à deux, même s’il n’y a que votre nom à vous dessus, revient à signer une police d’assurance qui dit la chose suivante :

Je soussigné, promets de ne coucher avec aucune autre femme que celle-ci pendant toute la durée du bail.

Dans l’esprit de la femme, signer un tel document signifie que vous êtes sérieux et prêt à vous engager sur la durée avec elle, et uniquement elle. Sinon, vous n’auriez jamais accepté de signer ça ! Et d’un coup, toute l’énergie qui faisait du sexe avec vous une urgence compétitive, s’évapore. Elle contrôle désormais le cadre durant au moins quelques années, c’est écrit noir sur blanc dans un document juridique.

Juste, ne faites pas ça.

Vos relations ont infiniment plus de chance d’être saines et épanouissantes (pour les deux partenaires !) quand vous gardez la marge de manoeuvre nécessaire pour faire tous les deux tourner des assiettes, ou tout du moins, lorsque vous gardez entre vous un minimum de distance.

Il fut un temps où habiter avec sa copine sans se marier était vu comme un acte anticonformiste, presque rebelle. Dans les années 70, après la révolution sexuelle, c’était même le fer de lance du féminisme, du moins jusqu’à ce qu’il lui devienne nécessaire de trouver un moyen de rendre les hommes financièrement responsables de tout le « lait gratuit » que les vaches distribuaient alors à tour de bras.

Quoi qu’il en soit, cette idée vieillissante selon laquelle « habiter ensemble est une bonne idée » continue de faire illusion chez les hommes d’aujourd’hui.

Colocataire avec avantages

Parmi toutes les excuses (du moins les quelques raisonnables) que j’ai entendues pour expliquer l’envie d’emménager avec sa partenaire, la plus fréquente reste la raison financière. Il (ou elle) avait besoin d’un colocataire, alors pourquoi pas quelqu’un avec qui il aime coucher ? Le deal semble gagnant-gagnant. Seulement, ce n’est que la version officielle. Sous la surface se cache l’idée semi-consciente qu’il serait bien plus pratique d’avoir un accès permanent à un vagin facilement disposable, sans avoir à se donner la peine de sortir rencontrer des gens ou de se coltiner des dates interminables.

Je ne dis pas que ce n’est pas logique. C’est une solution pragmatique à un problème vieux de plusieurs millénaires. Mais comme souvent avec les femmes, ce qui paraît logique en surface cache en réalité un piège habilement déguisé.

Habiter ensemble, au même titre que se marier, procure à la femme un sentiment raisonnable de confort. C’est un bouclier (au moins partiel) contre l’anxiété compétitive qui la rongeait de l’intérieur quand elle habitait seule et que vous étiez encore, du moins en apparence, un homme imprévisible. Dans le pseudo-mariage que constitue le concubinage, la menace que constitue cette imprévisibilité n’existe plus. Et c’est précisement cette prévisibilité contrôlée qui lui permet de se détendre dans la familiarité, et plus tard, de dicter les conditions de son intimité.

En d’autres termes, elle est dans la position idéale pour rationner l’accès à sa sexualité, pour négocier les termes de son désir en échange d’un toit et d’une relation de couple officialisée.

En face, la plupart des AFC voient dans le concubinage un arrangement idéal. Peu d’entre eux ont fait le nécessaire pour garder d’autres options réelles sous le coude, ou considèrent même la possibilité de le faire. Pourtant, c’est précisément ce qui leur permettrait de voir le concubinage autrement que comme une bonne façon de quitter le marché sexuel, de limiter les risques de rejet, et de s’assurer un approvisionnement régulier de sexe.

Refuser l’évidence

Les hommes qui font tourner des assiettes, les hommes avec des options, les hommes ambitieux, ne voient dans le concubinage qu’un frein à leur vie et à leur épanouissement personnel. Et à un certain niveau de conscience, les femmes le savent : un homme Alpha qui possède réellement des options n’accepterait jamais d’emménager avec quelconque femme que ce soit.

De ce fait, quand un homme accepte ou propose de vivre ensemble, elle comprend deux choses : soit c’est un Alpha qu’elle a réussi à conquérir au point de lui faire considérer l’exclusivité, soit, plus probablement, c’est un Bêta sans meilleures perspectives qui s’installe avec ce qu’il croit être son « plan sûr ».

Ce qui est déstabilisant pour une femme, c’est qu’elle peut commencer à vivre avec lui en pensant avoir conquis un Alpha, pour découvrir petit à petit qu’il s’agissait en réalité d’un Bêta un peu plus rusé que la moyenne, qui s’empressera de retirer son masque et de redevenir un AFC pantouflard une fois le bail signé.

Tout ceci étant dit, qu’est-ce qui est le plus logique ? Vivre de manière indépendante, et profiter d’une relation libre et optionnelle avec une partenaire qui rentre chez elle le soir, ou bien l’accueillir chez vous et devoir prendre en compte sa présence chaque minute de votre quotidien ?

Habiter avec une femme implique un engagement. Et dès que vous vous engagez, vous perdez vos deux ressources les plus précieuses : vos options et votre capacité à les utiliser.