Loi de Fer n°9 - Désolé...

Loi de Fer n°9 - Désolé...
Retrouvez le texte original, « Iron Rule #9 - Sorry... », en cliquant ici

S’excuser d’une incapacité à séduire n’est pas une technique de séduction.

L’un des pièges dans lesquels tombent beaucoup d’hommes, sans même s’en rendre compte, c’est cette habitude d’auto-dépréciation qu’ils utilisent pour susciter l’intérêt d’une femme en espérant déclencher sa compassion. Il s’agit littéralement de tenter de l’émouvoir en lui disant « regarde comme je suis mauvais et cassé, aime-moi malgré tout ».

Exemple concret (publié avec autorisation) :

Objet :
Désolé d’avoir été un parfait connard

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Corps du message :
J’avais envie de t’appeler ce soir pour discuter, mais j’ai emménagé aujourd’hui et j’ai perdu la notion du temps, il est déjà minuit passé. Bref, j’ai été un sacré blaireau la dernière fois qu’on s’est parlé. J’ai repensé à ce que tu m’as dit, et ouais, j’ai vraiment été naze ces derniers temps. En repensant à nos premiers rendez-vous, je me rends compte à quel point j’étais un minable ennuyeux. Ce n’était même pas des rendez-vous en fait, juste moi en train d’essayer trop fort de paraître mature (mauvais choix de mot, je savais pas trop ce que je faisais), au lieu d’être moi-même. Bref, maintenant j’ai pigé qu’il fallait que je me décoince un peu et que je recommence à m’amuser dans la vie. C’est pour ça que je suis bourré tous les week-ends depuis deux semaines._

J’espère qu’on pourra se revoir, parce que j’aime vraiment passer du temps avec toi. Et je te promets que cette fois, je boirai, je me détendrai, et j’arrêterai d’être un pot de fleurs. Je te promets aussi : plus de textos à la con qui font juste gay. Je déteste quand les gens me font ça, alors j’imagine même pas à quel point j’ai dû passer pour un débile.

— Allen

Ce mail, c’est jeune femme que j’accompagne qui me l’a montré, après qu’elle ait ghosté ce type au bout de trois rendez-vous. Des messages de ce genre, on m’en a fait lire des dizaines, envoyés par des mecs persuadés qu’un bon petit coup d’auto-flagellation déclenchera une réponse pleine d’empathie du type « oh mais non, t’inquiète pas, je comprends »… et que cette pitié débouchera sur une seconde chance. Ou une troisième. Ou une douzième.

Je vois ce genre de comportements comme le pur produit du conditionnement social inculqué aux hommes depuis leur plus jeune âge : reconnaître et avouer ses faiblesses serait une sorte de force en soi. Et, par extension, serait attractif aux yeux des femmes. Le raisonnement étant qu’en avouant ouvertement ses failles, on se rend « différent des autres mecs ». Traduction : « Tu vois ? Moi je suis sensible, capable d’introspection, prêt à assumer mes défauts. S’il te plaît, aime-moi. »

Loi de Fer n°9 :

Ne t’auto-déprécie jamais. En aucune circonstance. JAMAIS. C’est un Baiser du Détraqueur que tu t’administres tout seul. C’est l’antithèse absolue de la mentalité consistant à se voir comme le prix à gagner. Dès l’instant où tu te présentes toi-même comme un « parfait connard », c’est terminé. Tu ne peux plus revenir à un état de confiance en soi élevée, ni aux yeux de ta partenaire/prétendante, ni à tes propres yeux. Ne demande jamais à une femme de te donner de la sympathie. Si elle doit t’en accorder, ce sera de sa propre volonté, pas parce que tu la supplies. Il n’y a rien que les femmes n’abhorrent plus que l’obligation de compatir. Rien n’éteint plus le désir que la pitié. Même si tu ne te considères pas réellement comme pathétique, il est suicidaire de t’exprimer comme si tu l’étais. L’auto-dépréciation est une technique à réserver aux AFC. Un homme véritablement séduisant n’aurait même pas l’idée d’en faire usage.

C’est à ce stade que la plupart des hommes commencent à tout mélanger. Il ne s’agit pas de dire qu’un homme ne doit jamais rire de lui-même. Bien au contraire. Un excellent levier de séduction, c’est de dégager constamment une aura de sérieux, presque intimidante, puis de la briser par un moment d’humour bien dosé à ses propres dépens. Et si elle a l’impression d’être la seule à pouvoir faire tomber cette façade ? Jackpot.

Mais ça, ce n’est pas de l’auto-dépréciation. La vraie auto-dépréciation, c’est celle qu’un homme déclenche tout seul, de sa propre initiative, dans une tentative pathétique de susciter la compassion ou de racheter une faute. Pas le côté « haha, j’ai glissé sur une peau de banane », mais plutôt « Je suis un gros nul, mais regarde comme je suis sincère. »

Il y a une énorme différence entre être pathétique, et savoir rire de soi.

Je ne dis pas non plus qu’il ne faut jamais reconnaître ses erreurs. Il y a des moments où présenter ses excuses est nécessaire, voire même honorable. Mais l’auto-dépréciation, elle, est d’une autre nature. L’humilité, jusqu’à un certain point, est une vertu. Ce n’est simplement pas une vertu que les femmes trouvent sexuellement attirante chez un homme. Je dirais même que dans la majorité des cas, elle produit l’effet inverse. L’humilité vertueuse n’est pas une alternative à la confiance en soi. Ce n’est pas un substitut. Si tu es en couple, ta partenaire développera peut-être une forme d’appréciation sociale pour cette humilité, mais même là, c’est conditionné par le niveau de confiance en soi qu’elle t’attribue. Chaque fois qu’un homme répond à un shit test par de l’auto-dépréciation, il s’inflige des dégâts profonds, souvent irréversibles.

Avouer ses torts n’a jamais suscité l’admiration de quiconque. Ce n’est pas la reconnaissance de la faute en elle-même qui est inspirante, c’est la façon de la gérer. Dans l’immense majorité des cas, l’estime que les autres ont de toi n’augmentera pas après l’avoir confessée.

Cette tendance à l’auto-flagellation est devenue omniprésente. Les hommes d’aujourd’hui baignent tellement dans la moquerie systématique des figures masculines dans les médias qu’ils finissent par croire que c’est ça, séduire. Qu’il faut être un clown triste pour exister. Que les femmes aiment les mecs qui se moquent d’eux-mêmes… et des autres mecs. Il faut absolument désapprendre ça. Devenir ultra-conscient de cette mécanique. Apprendre à la couper en plein vol, quitte à se reprendre au milieu même d’une phrase. Les femmes communiquent principalement en sous-texte, et le moment où un homme leur avoue ouvertement qu’il n’a pas confiance en lui ou en son propre genre est celui où il signe son aller simple pour la friendzone. Et une fois qu’un homme a transmis cette image négative de lui à la gente féminine, il lui est presque impossible de s’en débarrasser. Ce que les femmes désirent réellement, c’est un homme compétent, confiant, capable de prendre des décisions. Pas un type qui se considère lui-même comme un « parfait connard » en quête de rédemption. Le stéréotype du gars « un peu paumé mais attendrissant » qui finit par séduire la fille malgré ses maladresses n’existe que dans les comédies romantiques. Dans la vraie vie, ce genre de comportements mène toujours au désastre.

Une fois qu’un homme commence à réellement maîtriser ces concepts, il peut même les utiliser pour servir ses propres intérêts, par exemple dans l’optique de décrédibiliser un rival. Quand il souhaite montrer sa dominance sociale sur un autre prétendant en présence d’une femme qui l’intéresse, ou qu’il discute avec une femme dont le partenaire passe son temps à s’auto-dénigrer, il peut subtilement valider ce qu’elle ressent en laissant le rival en question s’enfoncer, tout en affirmant indirectement sa propre valeur. Elle fera la comparaison toute seule.

Tout cela ne veut pas dire qu’il faut ignorer ses failles ou refuser d’assumer ses responsabilités. C’est comment elles sont assumées qui compte. Il y a mille manières de reconnaître une erreur sans se placer dans la posture du « chien battu ». La plus simple est d’adopter l’attitude mentale suivante : « je progresse constamment ». Cet état d’esprit renvoie de l’ambition, de la confiance en soi, de la grandeur. L’auto-dépréciation, elle, vous enfonce le nez dans vos propres déjections en murmurant : « Tu veux bien m’aimer quand même ? »