La théorie des assiettes - VI - Abondance et rareté
Loi n°16 du pouvoir : Utilisez la rareté pour accroître le respect et l’honneur
Sur un marché financier, quand l’offre pour un bien est supérieure à sa demande, cela a pour effet de faire baisser son prix ; plus quelque chose est vu et entendu, plus ce quelque chose devient banal. Lorsque l’on fait partie d’un groupe, s’en retirer temporairement peut servir à renforcer sa présence et son impact. Il faut savoir partir au bon moment. La valeur naît de la rareté.
La théorie des assiettes n’a jamais été pensée pour plaire aux femmes. Elle existe au bénéfice de l’homme, et uniquement pour son bénéfice à lui. Cela peut paraître brutal, mais c’est un mécanisme conçu pour augmenter sa valeur perçue sur deux plans distincts.
D’abord, le plan extérieur : en pratiquant avec honnêteté un modèle de relations non exclusif, on envoie un message clair aux femmes concernées — l’attention est une denrée précieuse et limitée. Au point que je conseille même souvent aux hommes que j’accompagne de ne jamais répondre au téléphone entre le vendredi et le dimanche soir, même s’ils n’ont rien d’autre de prévu dans leur programme. Ce n’est pas une question d’agenda, mais de perception. Dès que l’attention masculine semble facilement disponible, elle perd de sa valeur. Le désir et l’intérêt s’amenuisent. A contrario, rien ne provoque plus d’émulation féminine que trois ou quatre femmes en concurrence silencieuse pour obtenir l’exclusivité de l’attention d’un homme. La stimulation de cette anxiété compétitive, latente mais bien réelle, est un art que les femmes maîtrisent presque instinctivement. La théorie des assiettes n’est pas une stratégie née de l’esprit masculin, mais une réappropriation d’un mécanisme que les femmes pratiquent depuis la nuit des temps. Elles alignent et font tourner leurs assiettes en fonction de leur attractivité physique.
Mais la théorie des assiettes a aussi un rôle intérieur, tout aussi fondamental. Comme mentionné dans l’article qui inaugure cette série, il est bien plus facile de ne pas s’inquiéter pour un résultat quand ce résultat ne nous influence pas. Il est plus facile de considérer les interactions féminines avec détachement lorsqu’on sait, même vaguement, qu’au moins trois autres femmes se réjouiraient de recevoir cette même attention si l’une décidait de jouer à la guerre froide avec nous.
Cultiver cette mentalité est le moyen le plus simple de passer sans encombre la plupart des shit tests que l’on pourra nous lancer. Ceux qui échouent à ces épreuves ne manquent pas de répartie, mais de positionnement : ils laissent transparaître trop d’intérêt pour une seule femme, et ce, souvent sans en avoir conscience. Ces shit tests permettent à une femme d’évaluer trois choses chez un homme :
a) son niveau de confiance en lui ;
b) l’existence d’options alternatives (« Est-ce qu’il me court après parce que je suis spéciale, ou parce qu’il n’a que moi ? ») ;
c) la sécurité qu’il pourrait offrir à long terme.
En pratiquant la théorie des assiettes, on se place naturellement dans un état d’esprit où ces tests sont désamorcés avant même d’être lancés. Elle se fonde sur une mentalité d’abondance. Beaucoup a été écrit sur l’importance d’aborder les femmes — et, plus largement, la vie — depuis une posture d’abondance. L’erreur fréquente consiste à croire qu’avoir le choix dévalorise ce que l’on choisit. Ce n’est pas totalement faux, mais c’est aussi ce qui permet d’affiner son jugement. Il n’existe pas d’autres façons d’apprendre à distinguer ce qui est commun de ce qui est rare, ce qui est médiocre de ce qui mérite que l’on s’y investisse.
« Je suis déjà débordé, je n’ai pas le temps de répondre ou de m’investir avec autant de femmes à la fois ! Elles sentent bien que mon attention est difficile à avoir, et elles commencent à me courir après. J’ai peur de rendre certaines d’entre elles littéralement folles. Mes week-ends sont pleins à craquer. À quel moment est-ce que tout ça s’arrête ? »
Franchement, c’est le meilleur problème que vous puissiez avoir ! Le script a été inversé. L’attention devient un aimant. L’instinct des femmes travaille pour vous et les pousse à revenir d’elles-mêmes. La rareté crée la valeur.
À ce moment se pose la question de quand s’arrêter. À quel âge devrait-on idéalement arrêter de batifoler et choisir une partenaire pour le reste de sa vie ? En dessous de trente ans, la meilleure solution est indéniablement de continuer à jouer. Une fois trente ans passés, il faut y rester aussi, mais s’autoriser à lever le pied régulièrement. Ce n’est qu’une fois que l’on a expérimenté la vraie abondance que l’on peut légitimement commencer à considérer sérieusement l’exclusivité. On ne quitte la partie qu’après avoir exploré l’ensemble de l’échiquier. Et si les week-ends commencent à être saturés, rien n’empêche par exemple de réserver le jeudi soir pour une partenaire éprouvée, et de garder la fin de semaine pour se consacrer à d’autres priorités.
Et surtout, ne jamais hésiter à faire de la place pour les amis, les projets, les centres d’intérêt personnels. La rareté, encore une fois, reste le facteur clé. Beaucoup d’hommes s’imaginent à tort que la théorie des assiettes est une activité chronophage, un jeu d’équilibriste permanent. Ils s’épuisent à vouloir « donner un peu à chacune », ce qui ne fait qu’accélérer leur bascule (souvent par défaut) vers une relation exclusive. En réalité, si le processus est bien mené, les assiettes tournent toutes seules. Le stress provient de la croyance que si l’attention se relâche, la fille partira. Et parfois, ce sera le cas. Certaines assiettes tombent. Mais c’est précisément ce qui permet d’en faire tourner d’autres. Et c’est sain. Dans la majorité des cas, c’est même précisément cette rareté qui entretient le mystère et suscite une attention accrue chez la gente féminine. L’attente devient un moteur qui propulse vos intérêts.
La théorie des assiettes peut évidemment déboucher sur une relation sérieuse, mais uniquement si elle a été pratiquée assez longtemps et avec assez de discernement pour se faire une idée empirique de ce qu’est une femme de qualité. Le problème des AFC est qu’ils se saisissent de ces principes, les appliquent avec un certain succès, puis s’arrêtent dès qu’ils arrivent à saisir dans leurs filets la « fille de leurs rêves » qu’ils attendent depuis si longtemps. Ils foncent tête baissée dans une relation qui les détruit à petit feu, parce que leur idéal féminin était basé sur une projection forgée durant leur adolescence, et non sur une compréhension mature de ce qui fait réellement la valeur d’une femme. Tout cela n’est que le reflet d’un manque d’expérience concrète.
Faire tourner les assiettes aussi longtemps que possible est une forme d’assurance. Car au moment de s’engager, même en s’appuyant sur des techniques de séduction solides, une partie de l’anxiété compétitive qui a permis la naissance de la relation disparaît nécessairement. Toutes les assiettes tombent, y compris celle que l’on choisit de garder. La femme avec qui on entre en relation se détend. Ce qui la motivait à vous baiser jusqu’au bout de la nuit dans la phase de séduction devient secondaire. La compétition est terminée. Et quand il n’y a plus rien à prouver, la fréquence et l’intensité du désir ne peuvent que baisser. Il existe évidemment des stratégies pour maintenir et raviver cette tension dans une relation monogame, mais soyons honnêtes : rien ne remplace la tension moite du célibat, où le cadre est contesté en permanence, et où la sexualité reste une conquête de chaque instant.
Dans une relation monogame, on ne fait plus tourner d’assiettes. Et cela change tout.